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Éditorial
Un moment de vérité… pour l’Acchf
Depuis 2006, l’Acchf a rassemblé des mordus de la cueillette de champignons forestiers afin d’en promouvoir la connaissance, la récolte et la commercialisation. De grands progrès ont été faits sur les objectifs de départ. Mais les besoins des membres évoluent et leur nombre augmente. L’emphase est maintenant mis sur les entreprises et sur l’organisation de la récolte, du conditionnement, de la transformation et de la mise en marché.
La récolte n’est pas simple et l’approvisionnement est loin de rencontrer la demande. Le Québec consomme 5 à 10 fois plus de champignons forestiers qu’il n’en récolte. Et pourtant les inventaires sur le terrain démontrent que nos forêts produisent de grandes quantités de champignons recherchés par les acheteurs /utilisateurs. Le nombre de cueilleurs et leur encadrement dans les régions rurales fait défaut. Et cette situation est sous-évaluée par la plupart des intervenants.
La demande ne manque pas. C’est l’offre qui est inorganisée et insuffisante. La chaîne de valeur est méconnue et les volumes de récolte trop faibles rendent les marges bénéficiaires anémiques, voire négatives.
Un virage nécessaire
Pour s’attaquer à ces problèmes, l’Acchf doit évoluer et se professionnaliser. Elle doit rejoindre davantage les regroupements de personnes qui souhaitent valoriser notre patrimoine forestier, entreprises et individus : les entreprises, les associations forestières, les syndicats de boisés privés, les coopératives forestières, les communautés autochtones, les municipalités forestières, les cld et les cré des régions, les sadc.
L’Acchf doit continuer à rassembler de façon prioritaire les entreprises qui achètent, conditionnent et transforment les champignons et ceux qui les cueillent. Mais elle doit également intégrer dans ses préoccupations la valorisation de tous les produits forestiers non-ligneux (PFNL).
Les efforts de mise en marché pourront ainsi bénéficier d’une gamme plus large de produits et d’une récolte étalée sur un plus long calendrier.
La commercialisation pourra ainsi se diversifier et rejoindre de nombreux utilisateurs mieux structurés dans la gastronomie, l’alimentation, les cosmétiques et les produits santé.
Ces changements peuvent survenir uniquement si l’acchf devient une organisation plus solide, dotée d’un budget qui lui permet d’assurer en permanence le service aux membres et gérer des projets qui permettent aux membres de progresser selon leurs propres objectifs.
Parmi ces projets, il y a à court terme, avec le parachèvement du cahier de charges, la mise en œuvre d’une formation adaptée aux besoins des gestionnaires des achats de PFNL et l’élaboration d’un plan stratégique de développement des pfnl au niveau de la récolte, du conditionnement, de la transformation et de la mise en marché.
Toutes ces tâches et de tels défis ne peuvent être assumés par quelques bénévoles, si généreux soient-ils. L’Association doit se doter de budget et de structures capables d’assurer une continuité de service et de suivi des dossiers entrepris. Le mandat qui sera confié par l’assemblée générale annuelle au conseil d’administration devra explicitement inclure une solution pratique à cette exigence incontournable. L’alternative, continuer comme avant, équivaudrait à se faire hara-kiri et laisserait à chaque entreprise et à chaque cueilleur le soin de répondre à ses besoins et créer seul son petit marché.
Pour trouver ensemble des solutions à ces enjeux, rendez-vous à Québec vendredi le 15 mars prochain pour l’Assemblée générale annuelle. Cette assemblée est souveraine et ses décisions lient son conseil d’administration.
Aldéi Darveau, président de l’ACCHF
12 février 2013

